Il y a des films qui nous divertissent, des films qui nous remettent en question et des films qui nous transforment. Champions et The Peanut Butter Falcon appartiennent à cette dernière catégorie. Ces films offrent un aperçu d’un monde avec lequel beaucoup d’entre nous interagissent rarement directement. Et pourtant, lorsqu’on s’y confronte, cela peut profondément changer notre perception de l’inclusivité, de l’identité et des défis quotidiens auxquels sont confrontées les personnes atteintes du syndrome de Down et leurs familles.
Une tranche de réalité qui reste en nous
Ayant eu des rencontres rares mais marquantes avec des personnes atteintes du syndrome de Down dans ma propre vie, je peux dire que les émotions que ces films ont suscitées en moi n’étaient pas seulement cinématographiques – elles semblaient réelles. Aucun film ne peut complètement retranscrire la complexité de la vie avec un handicap cognitif, mais Champions et The Peanut Butter Falcon s’en approchent suffisamment pour bouleverser notre vision des choses. Ils m’ont poussé à reconsidérer mes priorités, mon stress quotidien et tout ce que l’on tient pour acquis. En regardant ces films, j’ai ressenti la même énergie, la même joie et le même inconfort occasionnel que lors de mes expériences réelles avec ces communautés.
Des films qui font du bien, sans exploiter leurs personnages
L’un des points forts de ces deux films est qu’ils vous laissent heureux, inspiré et rempli d’énergie – et ce, sans jamais exploiter leurs protagonistes. Les personnages ne sont pas là pour susciter la pitié ; ils sont là pour vivre, évoluer et défier les préjugés. Que ce soit la détermination de Zack à devenir catcheur professionnel dans The Peanut Butter Falcon ou l’équipe de basketball dans Champions prouvant qu’ils sont bien plus que leur handicap, ces récits mettent en avant la capacité, et non la limitation. Ce ne sont pas des films qui réclament de la compassion, mais qui exigent la reconnaissance de l’humanité, de la joie et du droit de rêver.

(Focus Features, Universal Pictures, 2023)
Un incontournable à regarder en famille, entre amis ou avec des ados
Si vous cherchez un film à regarder avec vos enfants, adolescents ou amis, ces films sont d’excellents choix. Non seulement ils sont divertissants, mais ils ouvrent aussi le dialogue. À la fin de chaque film, posez simplement la question : Quel message en retiens-tu ? Les réponses pourraient vous surprendre.
Ces films agissent aussi comme un miroir, nous obligeant à réfléchir à notre propre perception du monde. Vous êtes-vous déjà senti mal à l’aise lors d’une interaction, car vous ne saviez pas quoi dire ? Avez-vous déjà sous-estimé quelqu’un en raison de sa condition ? Champions et The Peanut Butter Falcon nous invitent à explorer ces réflexions.
Le besoin d’une meilleure représentation
La diversité dans les médias fait encore cruellement défaut, notamment en ce qui concerne les personnes en situation de handicap. Ces films sont un pas en avant, mais ils mettent aussi en évidence tout ce qui reste à accomplir. Un exemple personnel : alors que j’étais assis dans une salle d’attente avec un jeune, un groupe de jeunes atteints du syndrome de Down nous a fait des signes amicaux, cherchant à interagir. J’ai reconnu l’un d’eux après plusieurs années, mais j’ai choisi de ne pas interrompre son moment avec ses amis. Le jeune qui m’accompagnait semblait d’abord incertain quant à la manière de réagir face à leur enthousiasme, mais il a fini par être touché par leur chaleur. C’était un moment d’apprentissage – un sujet de discussion qui a continué bien après. Cela m’a rappelé à quel point la visibilité est essentielle, et que plus nous voyons la diversité dans les films, dans les espaces publics et dans la vie de tous les jours, plus nos interactions deviennent naturelles et inclusives.

Réalité, profondeur et évolution des personnages
Champions et The Peanut Butter Falcon sont profondément réalistes. Ils abordent de front des sujets de société, y compris des thèmes que beaucoup évitent – comme la sexualité. Ils ne romancent pas la réalité, mais équilibrent le poids émotionnel avec une touche d’optimisme. Les personnages principaux vivent une véritable évolution personnelle, rendant leur identification non seulement possible, mais inévitable. On ne peut s’empêcher de les encourager.
Ces films sont d’une fluidité remarquable. Vous n’avez pas besoin de vous concentrer sur chaque détail, mais ils sont de ces perles rares qui se savourent comme un cadeau. Leur authenticité, leur narration et les performances des acteurs les rendent inoubliables. À l’origine, je voulais mettre en avant le travail de Woody Harrelson et Shia LaBeouf, mais j’ai réalisé que l’esprit de ces films réside dans la performance de tous les acteurs, y compris Kaitlin Olson, Zack Gottsagen, Dakota Johnson, Madison Tevlin, Kevin Iannucci, Casey Metcalfe, Matthew Von Der Ahe, Ernie Hudson, Bradley Edens, James Day Keith, Alex Hintz, Joshua Felder, Ashton Gunning, Matt Cook, et bien d’autres.
Chacun d’eux apporte une profondeur, une authenticité et une humanité qui rendent ces films aussi marquants qu’ils le sont.
Pensées finales
Ces films ne sont pas juste des histoires ; ce sont des leçons d’empathie, de représentation et de connexion humaine. Ils nous rappellent que l’inclusion ne consiste pas seulement à faire de la place aux autres, mais à reconnaître leur droit d’exister sans justification. Champions et The Peanut Butter Falcon sont des films que j’aimerais que le monde entier voie – non seulement parce qu’ils sont excellents, mais parce que le monde serait un meilleur endroit si plus de gens les regardaient.
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